Les trois phases de l'origine fréquente de l'addiction aux jeux d'argent

Joueur compulsif seul et dépressif

Chaque cas de dépendance aux jeux d'argent est différent des autres. C'est une évidence. Il est donc bien sûr impossible de dresser un historique immuable qui décrirait comment chaque joueur pathologique est tombé dans l'addiction. Pourtant, force est de reconnaître que certains cas se ressemblent et que souvent un schéma assez semblable peut être dégagé. Ainsi, de nombreux joueurs compulsifs ont connu le scénario suivant. Tout à commencer par une phase de gains initiale suivie par une phase de pertes et une phase de désespoir.

La phase de gains

Au début de sa pratique, tout joueur va remporter de l'argent. On parle ainsi souvent de chance du débutant, ce qui est assez réducteur. C'est simplement oublié qu'au début, on sait s'arrêter à temps.

Comme il aura reçu un gain important ou simplement parce qu'il aura ressenti des émotions très fortes, le joueur va relier durablement dans son esprit le jeu à ces sensations agréables. Il va donc recherché au maximum cette source d'excitation voire d'euphorie. Beaucoup s'intéressent alors aux stratégies, convaincus de pouvoir battre le hasard. Ils rejouent alors leurs gains initiaux. Comme ils sont parvenus à remporter de l'argent facilement, en se divertissant qui plus est, ils vont tenter de solliciter toujours plus la chance, quitte à augmenter le montant des paris.

La phase de pertes

Comme les jeux d'argent se révèlent toujours en faveur de la banque, tout joueur finira logiquement par perdre. D'ailleurs, plus on joue, plus on risque de perdre puisque les chances ne sont pas de notre côté ; et plus on mise beaucoup, plus les pertes sont importantes. En conséquence, les gains initiaux vont rapidement laisser leur place à des pertes élevées.

Cette phase inévitable peut durer pas mal de temps, voire même plusieurs décennies, sans pour autant que cela soit une catastrophe. En effet, si le joueur sait rester dans ses moyens, le jeu ressemble alors à un loisir comme un autre. Il possède un coût assez important. Mais, rien de vraiment grave si l'argent perdu ne manque pas particulièrement au joueur.

Tout se complique lorsque le joueur commence à miser des sommes qu'il ne peut se permettre de perdre comme son loyer ou le remboursement d'un crédit par exemple. D'ailleurs, cela le pousse bien souvent à jouer d'avantage pour se refaire et donc à perdre d'autant plus. C'est le début d'un engrenage mortifère.

Au fil des pertes, le joueur va puiser dans ses économies personnelles, abandonner des projets familiaux et commencer à s'endetter. Logiquement,le jeu va devenir une préoccupation de plus en plus importante au détriment de ses autres centres d'intérêts.Son caractère va aussi peu à peu se transformer, en devenant plus irritable et stressé. Le processus de désocialisation peut alors se concrétiser assez rapidement après le début des difficultés financières.

La phase de désespoir

Une fois que les problèmes liés au jeu ont transformé la vie du joueur, ce dernier sombre peu à peu dans une période d'angoisse et de panique. Pour tenter d'en sortir, il pourrait même miser sa propre vie. Beaucoup enfreignent alors la loi pour obtenir de l'argent.

Arrivé à ce stade, le joueur souffre souvent de dépression. Nostalgique de la phase de gains initiale, il se sent également honteux et coupable d'être tombé aussi bas. Il ne joue plus par plaisir mais uniquement d'une manière mécanique pour parvenir à retrouver sa vie d'avant.